Marie-toi et sois soumise, Epouse-la et meurs pour elle. Provocateur mais inspiré de saint Paul

di admin @CostanzaMBlog

costanza san giovanni

Marie d’Armagnac parle avec Costanza Miriano  28 décembre 2013

Vous avez publié un livre au titre choc. De quoi s’agit-il ?

Costanza Miriano : Le livre s’intitule Marie-toi et sois soumise, c’est une série de lettres destinées à des amies sur les thèmes du mariage, de la féminité, de l’identité masculine et féminine, de l’éducation. En téléphonant à une amie qui ne se décidait pas à se marier, je me suis rendu compte que ses objections quant au mariage reflétaient celles de tout le monde. J’ai aussi réalisé que le fait de ne pas s’engager « pour toujours » la rendait profondément malheureuse. Ce livre a commencé avec 800 exemplaires. Il y a eu ensuite dix-huit réédi­tions, c’est devenu un modeste phénomène éditorial en Italie. Mon livre a été traduit en Espagne, en France (Le Centurion) et en Pologne. Les versions  portugaise et anglaise sont en cours de traduction.

Comment expliquez-vous ce succès en Italie ?

Vraiment, je ne me l’explique pas ! En réalité, j’ai lu tellement de livres sur le mariage, j’ai voulu m’en faire l’interprète. Je me vois plus comme une traductrice que comme un écrivain. Comme si j’avais voulu traduire la sagesse de l’enseignement de l’Église sur le mariage d’une façon accessible et compréhensible, par exemple pour mes collègues du TG3 (la télévision la plus à gauche) qui sont très éloignées du discours ecclésial sur le mariage. Je n’ai jamais pensé avoir dit ou écrit quelque chose de bouleversant. Peut-être que le fait d’utiliser ce langage était nécessaire. J’ai commencé à intervenir à l’invitation de groupes, d’associations, de paroisses, le bouche à oreille a fonctionné. Aujourd’hui je suis invitée un peu partout en Italie, en Espagne. Je ne crois pas que la foi se transmette avec un seul livre, mais aussi grâce à ce type de bouche à oreille. Nous avons besoin, pour nous aider, de témoignages, de voir des personnes incarnées. Je crois être une personne ultra-normale, et j’essaie d’incarner, avec mes chutes, mes défauts, tout ce que l’Église nous dit, dans sa grande sagesse maternelle. Toutes ces personnes qui m’ont écrit se retrouvent dans ce livre. J’espère avoir donné un peu de courage à toutes ces femmes catholiques.

Que s’est-il passé en Espagne à la publication de votre livre ?

J’ai reçu un premier coup de fil me demandant, abruptement, d’expliquer en 1 mn 40 ce que signifiait le mot soumission. Puis un autre et ainsi de suite. J’ai finalement appris que trois partis politiques espagnols, PP (Parti populaire, centre droit), PSOE, (Parti socialiste ouvrier espagnol) et IU (Gauche unie) avaient demandé le retrait de mon livre à la vente. Pourquoi ? Pour incitation à la violence faite aux femmes. J’en suis restée stupéfaite. Je voulais que l’on me dise quel était le passage de mon livre qui serait une incitation, ou une justification, la plus minime soit-elle, à la violence d’un homme envers une femme. En réalité, mes détracteurs n’avaient pas lu mon livre, c’était le mot « soumise » qui leur créait un problème.

Le titre de votre livre est inspiré de la lettre de saint Paul ?

Oui. J’ai repris, avec ce mot soumission, la lettre de saint Paul aux Éphésiens. S’ils veulent brûler mon livre, alors ils doivent aussi brûler la Bible ! Et puis, en faisant des recherches, j’ai vu que de nombreux livres étaient en vente en Espagne avec, dans leurs titres, ce mot « soumission », mais il s’agit là de soumission érotique, et non spirituelle. Je crois plutôt que c’est le « Marie-toi » de mon titre qui pose un vrai problème. La société d’aujourd’hui hait le mariage, le mariage est le contraire exact de l’idée d’autodétermination qui est la valeur suprême de l’homme contemporain. L’homme d’aujourd’hui n’accepte plus rien, pas même qu’on lui dise s’il est un homme ou une femme ! Il veut être complètement dégagé de tout lien, libre. Le mariage, c’est exactement l’inverse : accepter, spontanément, volontairement, d’être dépendant, de se définir par rapport à quelqu’un, d’assumer la responsabilité de nouvelles vies, d’adhérer à une réalité toujours égale, d’être fidèle. Tout le contraire de l’idéal contemporain, dans lequel l’homme s’imagine toujours libre de faire de nouvelles expériences.

L’acte fondamental de liberté que pose le chrétien à travers le mariage, n’est-ce pas cela qui est nié par vos détracteurs, au nom de cette même liberté ?

Oui. Pour nous croyants, la liberté est d’être libérés du péché. Je crois que l’homme n’est pas accompli, ne peut se réaliser si ce n’est en obéissant à une autre Voix que la sienne. Écouter cette Voix est ce qui nous fait vivre, cette Voix paternelle qui nous dit où aller. Sans cela, nous sommes perdus, détruits. À l’inverse l’homme d’aujourd’hui ne veut écouter personne. Finalement, on en revient toujours au péché originel. Et à ce titre, un mariage chrétien nous aide à nous préserver de notre inconstance, de notre émotivité, de la tentation de l’évasion, il nous préserve aussi parce qu’il nous rend heureux. Je pense que cet acte de soumission féminine, dans le mariage, est un acte d’une très grande liberté. Par exemple cela signifie aussi que pour qu’une femme se réalise pleinement, elle n’a pas besoin d’être dirigeant d’entreprise, elle s’accomplit dans le fait de donner la vie, ou de se donner à ses proches. C’est la plus grande liberté dont une femme dispose. Être soumise, c’est être le soutien, la fondation.

Le mot soumission qui veut dire obéissance est un mot inaudible aujourd’hui. Je le comprends si on ne sait pas à qui réellement obéir. Nous, en tant que chrétiens, nous acceptons d’obéir parce que nous savons que notre Pasteur est bon, qu’Il nous guide vers ce qui est juste.

Lors de la journée mondiale contre la violence à l’égard des femmes, votre livre a fait l’objet d’une nouvelle attaque.

Le ministre de la Santé espagnole Ana Mato, qui, bien qu’elle dirige le ministère qui permet des centaines de milliers d’avortements par an, se dit catholique, a évoqué l’enquête en cours contre mon livre pour voir, en fonction des lois existantes en Espagne, quel pourrait être le motif pour retirer mon livre de la vente, qu’il soit contre la loi sur l’égalité des Genres ou qu’il tombe sous le coup d’une incitation au féminicide. Je pense que créer un délit d’opinion est quelque chose de très inquiétant, et que ces attaques sont vraiment dirigées contre le mariage.

Ce billet a été publié dans L’Homme Nouveau, je commande le numéro

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